Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /2007 17:24

Par Nidal al-Mughrabi, Reuters (Gaza)

Cinquante mille hommes armés et des centaines de kamikazes sont prêts à repousser ou entraver une opération militaire israélienne d'envergure dans la bande de Gaza, a affirmé le Hamas qui contrôle le territoire.

Israël menace de mener une offensive à grande échelle pour faire cesser les tirs de roquettes d'activistes palestiniens que l'armée n'a pas réussi à réduire fortement par ses frappes aériennes ou ses opérations commando.

Mais le bilan humain d'une telle attaque sur un territoire aussi densément peuplé que la bande de Gaza serait très lourd, et il explique les hésitations du gouvernement israélien, au regard des pertes limitées dues aux tirs de roquettes.

Une opération d'envergure dans les prochaines semaines compliquerait en outre la conférence de novembre sur le Proche-Orient organisée par les Etats-Unis.

"Il y a beaucoup de choses à prendre en compte avant d'entreprendre une telle opération et le sommet est sans nul doute l'un des éléments que l'on ne peut se permettre d'ignorer", a déclaré le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnai à la radio militaire.

Nizar Rayyan, haut dirigeant du Hamas, a en tout cas prévenu que le mouvement islamiste était prêt à répliquer. Sur un site internet affilié au mouvement, il a affirmé que 50.000 combattants et 400 candidats à des attentats suicide étaient prêts à la riposte.

Deux cents femmes se sont également portées volontaires pour s'attacher des ceintures d'explosifs et affronter ainsi les blindés israéliens, ce qui a surpris le commandement du Hamas, a ajouté Rayyan.

Les services de renseignement israéliens estiment que le Hamas a réuni au moins 20.000 combattants qui savent se servir d'armes légères de toutes sortes.

En partie financé par l'Iran, le Hamas prend le Hezbollah pour modèle. Le mouvement chiite libanais a fait subir d'importants revers à l'armée israélienne lors de leur confrontation armée durant l'été 2006.

 

Par Alexandre H. - Publié dans : Israël-Palestine
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /2007 23:14

Par Tunis Hebdo

Les deux dernières apparutions successives d’Oussama Ben Laden dans des films vidéo continuent d’alimenter un large débat sur le «look» nouveau affiché par le chef de l’organisation d’Al-Qaïda, que d’aucuns appellent volontiers le «Che Guevara arabe».
Si la plupart des analystes et des experts s’accordent à confirmer l’authenticité de l’homme et du message diffusé, ils se montrent profondément divisés sur la barbe qu’il porte. Est-elle une barbe réelle? S’agit-il d’une barbe artificielle? Quelle signification accorder à la couleur noire dont elle est teinte? Et d’autres questions plus intriguées encore.
Les islamistes sont les plus étonnés de tous. Ils ne comprennent pas le sens de cette «volte face vestimentaire», à plus d’un titre «déroutante». In fine, deux explications ont prévalu: les uns croient que Cheikh Ben Laden a dû enfourcher ce nouveau style pour montrer aux Américains qu’il est toujours là, vivant et en bonne santé. Les autres sont plutôt persuadés que la barbe teinte en noir, interdite par l’Islam sauf en cas de guerre, annonce peut-être d’autres importantes opérations contre les intérêts américains aux Etats-Unis même ou ailleurs.
 
T.H
 

Par Alexandre H. - Publié dans : Islamisme, islam politique
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /2007 22:26
Corine Lesnes, LE MONDE

George Bush attaquera-t-il l'Iran ? Une nouvelle fois, le président américain est décrit le doigt sur la détente ou, sinon lui, son vice-président Dick Cheney. L'enlisement de l'armée américaine en Irak ne les dissuaderait pas : l'attaque serait effectuée par l'aviation et porterait sur les "2 000 cibles" qui auraient été repérées par le Pentagone. La théorie des néoconservateurs selon laquelle l'Irak ne retrouvera la stabilité que lorsque la crise avec Téhéran sera réglée triompherait.
Cinq ans après le discours où M. Bush mit en demeure les Nations unies d'agir pour "désarmer Saddam Hussein", les comparaisons avec l'Irak sont inévitables. M. Bush devait intervenir, le 25 septembre, devant l'assemblée générale de l'ONU. Mohamed ElBaradei, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), semble se placer en travers du chemin, comme hier Hans Blix et ses inspecteurs en armements chimiques et bactériologiques. Comme sur l'Irak, le dénouement semble inexorable. Deux porte-avions sont prépositionnés dans la région ; l'Iran est rendu responsable de l'échec en Irak : "La politique iranienne de l'administration porte certaines des marques de la campagne destinée à "vendre" la guerre en Irak", relève William Hartung de la New America Foundation.

Depuis deux ans, la liste est longue des révélations sur les préparatifs de guerre. Les bruits de bottes coïncident avec chaque échéance importante : que ce soit le renouvellement des sanctions à l'ONU ou le débat américain sur l'Irak. En janvier, alors qu'il annonçait le "surge" (nouveau plan), M. Bush a fait monter la tension en dénonçant les ingérences de l'Iran en Irak et en promettant de s'y opposer. Le 13 septembre, il a justifié le maintien de 130 000 hommes en Irak par la menace stratégique posée par l'Iran, qui "profiterait du chaos" qui suivrait un retrait et serait "encouragé à se doter de l'arme nucléaire et dominer la région".

Le tout-Washington bruisse de nouveau de rumeurs. Dans son blog, Barnett Rubin, un spécialiste reconnu de l'Afghanistan, ne veut pas "alarmer" ses lecteurs mais juge qu'il y a "trop de signes" qu'une autre "aventure militaire" est en préparation. Steve Clemons, de la New America Foundation, raconte un dîner où les convives ont voté à main levée sur la probabilité de bombardements contre l'Iran. Seize, dont le démocrate Zbigniew Brzezinski, ont prédit que George Bush allait passer à l'attaque. Deux, dont le républicain Brent Scowcroft, ont parié le contraire.

Le principal argument de ceux qui croient aux frappes est que M. Bush a dit qu'il n'accepterait pas un Iran doté de l'arme nucléaire sous sa présidence. Connaissant son obstination, ses amis, comme ses ennemis, pensent qu'il tiendra parole. Mais plus le temps passe, plus il apparaît que M. Bush n'aura pas forcément besoin de passer à l'action pour remplir son engagement. Il lui reste 14 mois avant les élections qui doivent désigner son successeur. D'ici là, il y a peu de chances que l'Iran ait été déclaré doté de l'arme nucléaire.

"Nous affronterons ce danger avant qu'il ne soit trop tard", a dit M. Bush le 28 août, en évoquant le spectre d'un "holocauste nucléaire". Reste à définir "trop tard". Il fut un temps où la conversion de l'hexafluoride d'uranium était vue comme un seuil catastrophique par les diplomates engagés dans la négociation. Aujourd'hui, Téhéran enrichit tranquillement l'uranium. Selon les experts, il faudrait que les Iraniens réussissent à faire tourner 3 000 centrifugeuses pendant presque un an pour obtenir le combustible nécessaire à une bombe. Le dernier rapport de l'AIEA a fait état de 2 000 centrifugeuses en opération.

Dans un article du magazine en ligne Salon.com, "Pourquoi Bush n'attaquera pas l'Iran", M. Clemons estime que le président est conscient que la Chine ou la Russie n'attendent qu'un nouveau faux pas de Washington, qui leur donnerait un contrôle renforcé des flux énergétiques. Et, ajoute-t-il, "si les bombes étaient prêtes, Bush ferait beaucoup plus pour préparer la nation et l'armée". L'absence de surenchère sur l'urgence de la menace iranienne est en effet étonnante. A l'été 2005, le rapport de synthèse des agences du renseignement, le National Intelligence Estimates, donnait cinq à dix ans avant que l'Iran ne soit doté d'une capacité nucléaire militaire. Un an plus tard, John Negroponte, alors directeur national du renseignement, portait l'échéance à 2015. "C'est clairement erroné, affirme Gary Milhollin, le directeur du Wisconsin Project on Nuclear Arms Control. Le gouvernement essaye de nous faire croire que "si on ne peut pas le réparer, c'est que ce n'est pas cassé"." Les experts européens ont fini par s'étonner de se voir plus alarmistes que leurs homologues américains.

Ceux qui ne croient pas que M. Bush a pris sa décision craignent néanmoins le scénario d'une guerre "accidentelle" (pour l'éviter, les commandants américains dans le Golfe voudraient passer un accord avec les Iraniens pour éviter les "incidents en mer", a rapporté le Washington Post). Le cercle du vice-président Dick Cheney, quoique amoindri, reste paré de pouvoirs imprécis mais néfastes que la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, et le secrétaire à la défense, Bob Gates, s'efforceraient de juguler. Un conseiller de Dick Cheney, David Wurmser, aurait évoqué, avant de quitter la Maison Blanche en juillet, la possibilité de "leurrer" le président : Israël, par exemple, procéderait à une frappe contre le réacteur de Natanz sans avertir Washington... Dans ce contexte, la mystérieuse frappe israélienne le 6 septembre contre une installation syrienne, présumée suspecte, a éveillé l'inquiétude de ceux qui croient au scénario d'une frappe préventive israélienne visant à entraîner l'Amérique dans un conflit.

Autre idée répandue : M. Bush serait obligé de frapper avant que les Etats-Unis n'entrent dans le vif de la campagne électorale. Là aussi, l'argument peut être retourné. Ni le président ni le vice-président ne sont candidats. Le tandem Bush-Cheney a les mains libres, sans avoir à s'embarrasser de considérations électorales. L'Iran est un sujet largement consensuel. Les démocrates n'ont pas réussi à adopter un projet d'amendement qui exigeait que le président demande l'autorisation du Congrès avant de lancer une action contre l'Iran.

Pour le professeur Norman Birnbaum, le scénario le plus probable est qu'il "préparera une attaque et remettra les plans à son successeur" comme Dwight Eisenhower le fit en 1961 avec John Kennedy à propos de Cuba et l'invasion de la baie des Cochons. George Bush se sert de la menace iranienne pour éviter un retrait d'Irak qui l'humilierait. Cela ne signifie pas qu'il ait l'intention d'attaquer.


 
Article paru dans l'édition du 26.09.07

Par Alexandre H. - Publié dans : Stratégies internationales
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /2007 22:16
par Thierry Oberlé, Le Figaro

FOUAD SAAD, le député des contreforts du Mont-Liban, région mixte peuplée de chiites, de chrétiens et de Druzes, se sent en danger. Membre de la coalition dite du 14 mars (antisyrienne), il partageait la circonscription d'Aley-Baabdat avec son camarade Antoine Ghanem, tué la semaine dernière dans un attentat.
 
La victime venait de passer deux mois dans un pays du Golfe pour fuir les menaces. Informés de son retour, les tueurs l'ont piégé à la première occasion, à cause d'un rendez-vous qui a duré quelques minutes de trop. « Nous avions été élus, moi comme lui, en 2005, avec les voix du Hezbollah. Les assassins qui agissent pour les Syriens sont convaincus qu'en nous assassinant, ils vont récupérer nos sièges, affirme-t-il. Les élus chrétiens du secteur sont particulièrement visés et je suis l'un d'eux. »
 
En état de siège
 
Dès le lendemain du meurtre, Fouad Saad s'est réfugié dans une annexe de l'hôtel Phoenicia Intercontinental, un gigantesque complexe qui comprend trois tours luxueuses.
 
Reconstruit après la guerre dans un style année 1920, l'établissement est en état de siège. Il faut passer plusieurs contrôles, fouler le tapis rouge d'un escalier monumental, avant de parvenir, au détour d'un ascenseur, devant la suite du parlementaire. La chambre de réception est surveillée par un garde du corps.
 
« Je suis confiné, comme la plupart de mes collègues de la majorité, dans une cage dorée. Les procédures pour recevoir des visiteurs sont lourdes, » commente Fouad Saad. Pessimiste, il craint le pire. « Aucun endroit n'est sûr. Si nous restons enfermés dans cet hôtel durant plusieurs semaines, ils trouveront un moyen d'atteindre l'un de nous. Nous sommes en permanence sur le qui-vive. Nous vivons dans la peur avec au-dessus de nous une épée de Damoclès. »
 
Ce matin, les députés de la majorité antisyrienne devraient se rendre en convoi, par une route sécurisée, jusqu'au Parlement distant de quelques centaines de mètres. Seuls les principaux leaders de l'alliance du 14 mars et quelques individualités ont prévu de se rendre par leurs propres moyens à la Chambre.
 
« Nous avons loué une aile de l'hôtel Phoenicia pour s'en servir de base de repli, en sachant que le processus électoral va être long » explique Marwan Hamadé, qui fut en 2004 la première personnalité antisyrienne cible d'un attentat.
 
Chaque suite accueille plusieurs parlementaires contraints au désoeuvrement. « Il y a des conciliabules dans les couloirs. On discute, on lit, on suit les informations pour passer le temps » indique Fouad Saad.
 
Forcés depuis des mois de « jouer au chat et à la souris avec les assassins », les 68 députés de la coalition conduite par Saad Hariri oscillent entre fatalisme et fureur. « C'est à la fois bizarre et absurde de prendre des semaines pour élire un président en cherchant une solution à la libanaise alors que nous sommes engagés contre notre gré dans une interminable partie de roulette russe », peste Elias Attalah, un élu de la gauche démocratique.

Th. O.

NB L'élection présidentielle a été repoussée au 23 octobre, faut de consensus entre la majorité et l'opposition. Le Parlement a jusqu'au 24 novembre pour élire un successeur au pro-syrien Emile Lahoud.
Par Alexandre H. - Publié dans : Liban
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 18:19
Editorial
 
Le Liban va-t-il maintenir le cap face aux forces qui tentent à tout prix de le déstabiliser ? Après l’assassinat cette semaine du député phalangiste Antoine Ghanem, les regards se tournent à nouveau vers la Syrie. Mais comme d’habitude, les enquêteurs se trouveront confrontés à une opacité totale. Cet énième attentat politique intervient à quelques jours de l’élection du président de la République par le Parlement le 25 septembre. Terrible stratégie de ces forces qui rêvent de renverser la majorité… en abattant ses députés un à un.
Le siège présidentiel échoit à un chrétien maronite mais la communauté est divisée. Le général Aoun, leader antisyrien historique qui a retourné sa veste pour pactiser avec le Hezbollah, va-t-il assouvir son rêve de pouvoir ? L’opposition et la majorité vont-elles s’entendre sur un candidat ? Que ce soit par le blocage institutionnel (se retirer du vote pour empêcher le quorum) ou par des méthodes moins avouables, l’opposition pro-syrienne semble bien prête à tout pour empêcher la coalition du 14 mars de conquérir la présidence du Liban et de parachever enfin la souveraineté du pays.
 
Non loin de là, un territoire assiégé, hermétiquement clos, continue sa lente agonie. La bande de Gaza vient d’être classée « entité hostile » par Israël après qu’un tir de roquette a blessé des dizaines de soldats de Tsahal. Alors que les faucons pressent le premier ministre israélien Ehud Olmert de lancer une vaste offensive militaire, celui-ci semble privilégier les sanctions collectives. Soit des représailles indignes contre une population démunie, une pratique prohibée par le droit de la guerre et qui prévoit entre autres de réduire au strict minimum les fournitures en électricité, en eau et en carburant. Le but étant de retourner la population contre le Hamas. Une stratégie vouée à l’échec : les Palestiniens savent pertinemment qui sont les responsables de leur condition. La position israélienne vis à vis de Gaza officialise le démembrement politique de la Palestine, aujourd’hui divisée bien plus que géographiquement. Avec deux pouvoirs à couteaux tirés à Gaza et en Cisjordanie, la Palestine semble tout bonnement privée de leadership ; le fait national palestinien est menacé de négation plus que jamais.
Par Alexandre H. - Publié dans : Analyses
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 17:14

BEYROUTH (AFP) — Les appels se sont multipliés pour que le Parlement libanais tienne la semaine prochaine sa séance consacrée à l'élection présidentielle mais l'incertitude demeurait, samedi, sur un vote dans un climat alourdi par l'assassinat d'un député antisyrien.

Le président du Parlement, Nabih Berri, a assuré le doyen des députés Ghassan Tuéni qu'il serait présent à la séance convoquée pour mardi mais a prévenu: "Si le quorum n'est pas atteint, nous la reporterons", a rapporté la presse samedi.

Le scrutin doit se tenir dans les deux mois précédent l'expiration du mandat de l'actuel président prosyrien Emile Lahoud, le 24 novembre. Les députés élisent le président à la majorité des deux-tiers des députés au premier tour et à la majorité simple ensuite.

L'opposition, soutenue par Damas et Téhéran, interprète cette règle comme un quorum des deux-tiers, qui lui permettrait d'empêcher l'élection d'un candidat indésirable à ses yeux, car le camp antisyrien ne dispose que d'une majorité simple.

M. Berri, qui aussi est un des piliers de l'opposition, se démène pour trouver un candidat de consensus avec la majorité antisyrienne, une coalition qui regroupe son chef, Saad Hariri, le dirigeant druze Walid Joumblatt et le chrétien Samir Geagea, soutenue par les pays occidentaux, les Etats-Unis en tête, et des pays arabes menés par l'Arabie saoudite. Le Hezbollah chiite, dans l'oppostion, a menacé à plusieurs reprises de torpiller le quorum si une entente sur le nom du futur chef de l'Etat n'était pas acquise au préalable.

Le général chrétien Michel Aoun, seul candidat déclaré de l'opposition, s'estime le mieux placé, alors que les partis prosyriens considèrent que la seule planche de salut est l'adhésion à l'initiative de M. Berri. "Même avant l'assassinat, il était probable que la séance du 25 n'aurait pas pour but d'élire un président", a expliqué à l'AFP le juriste Ziad Baroud, en référence à l'attentat qui a coûté la vie mercredi au député Antoine Ghanem.

"Quelle que soit la capacité de nuisance du régime syrien et de ses alliés libanais, nous ne céderons pas et nous participerons d'une manière démocratique au scrutin présidentiel et nous dirons oui à un Liban souverain et libre", a déclaré M. Joumblatt, cité dans la presse samedi. Directement accusée par la majorité d'avoir trempé dans cet assassinat, la Syrie a démenti.

L'ancien président Amine Gemayel a affirmé vendredi que l'assassinat d'Antoine Ghanem, membre de son parti, les Kataëb, constituait une raison supplémentaire de respecter l'échéance. "Ton martyre nous incite à tenir l'élection présidentielle" a-t-il affirmé lors des funérailles.

M. Gemayel a mis en garde contre les intrigues autour de l'élection du président, un chrétien maronite en vertu de la tradition, estimant qu'elles ont "pour but de mettre fin au rôle des chrétiens au sommet de l'Etat".

Washington et Paris, principaux soutiens à la majorité, ont affirmé vendredi qu'ils ne permettraient pas que "des assassins" remettent en cause le scrutin.

Les chefs de la diplomatie des deux pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, Bernard Kouchner et Condoleezza Rice, ont affirmé à Washington "crucial que l'élection présidentielle au Liban se déroule en accord avec les normes et le calendrier de la Constitution libanaise". Ils ont souligné qu'ils "veilleraient" avec leurs partenaires du Conseil de sécurité "à la protection de ce processus et du dialogue interlibanais".

- Publié dans : Liban
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /2007 10:04
Interview de Farid Aïchoune, journaliste au Nouvel Observateur. http://tempsreel.nouvelobs.com

Le député phalangiste Antoine Ghanem est la huitième personnalité anti-syrienne assassinée depuis deux ans et demi. Comment expliquer ces meurtres en série ?

- J’apporterai tout de suite une correction : quasiment tous les membres de la classe politique libanaise, que ce soit du côté de l’opposition ou du gouvernement, ont été, à un moment donné, des partisans de la Syrie. Par exemple, le leader druze Walid Jumblatt a été pro-syrien pendant longtemps. Il faut bien comprendre que, dans ce pays, il est courant de retourner sa veste. Ils sont peu, comme le général Michel Aoun, paradoxalement allié du Hezbollah, à n’avoir jamais été pro-syriens.
La question au Liban est donc plus complexe : qui tue qui, qui veut déstabiliser le pays, qui veut la mort du Liban ? D’abord les Syriens. A ce titre, il ne faut pas oublier d’une part qu’historiquement le Liban appartenait à la Syrie et qu’il lui a été arraché, et que d’autre part ce sont les chrétiens qui ont appelé la Syrie à la rescousse pendant la guerre civile. Israël, l’Arabie Saoudite, l’Iran, les Etats-Unis et la France, qui se complait dans ses fantasmes néocoloniaux, ont aussi chacun des intérêts en jeu. Il est très probable qu’une grande partie des attentats ait été fomentée par la Syrie. Mais il faut rappeler aussi que pour l’attentat le plus « important », celui de Rafic Hariri, on n’a toujours aucune preuve contre Damas. Donc, restons prudents.
Le Liban est un pays compliqué, grand comme la Seine et Marne mais qui cristallise toutes les contradictions du monde arabe avec la question de la modernité, de la laïcité, de la multiplication des religions, du rapport entre les communautés… De par sa constitution, ce pays porte en lui les germes de la division : le chef d’Etat doit être chrétien maronite, le premier ministre musulman sunnite, le président du parlement musulman chiite et le chef de l’état-major des armées doit être chrétien. D’autre part, ces communautés sont elles-mêmes divisées : il y a des divisions au sein des chrétiens et au sein des musulmans. Le pays vit en se moment la crise la plus grave depuis la fin de la guerre civile. Et dans les lignes de cette fracture, on retrouve les anciens protagonistes de la guerre civile. Il y a de vieilles revanches. Résultat, la classe politique est discréditée. Dans la rue, on entend souvent ce commentaire : « nous faisons la guerre des autres pour les autres »…

Pourquoi tuer des personnalités politiques ?

- Pour ajouter de la crise à la crise. De plus cela entraîne, moins d’une semaine avant les élections présidentielles, un problème de légalité du quorum.
Finalement, on peut se demander si l’armée ne va pas finir par jouer un rôle… Cela reste une hypothèse. Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général et chrétien Michel Sleiman a toujours appliqué une stricte neutralité qui pourrait être aujourd’hui une alternative sur le plan politique.

Le Premier ministre a demandé de l’aide à l’ONU pour enquêter sur le meurtre d’Antoine Ghanem. Pourquoi faire appel aux Nations unies ?

- Si le gouvernement fait appel à l’ONU c’est parce qu’il veut internationaliser le conflit. C’est une tactique politicienne. L’opposition, au contraire, refuse d’être mise ainsi sous tutelle internationale. Il n’est pas sûr d’ailleurs que ce soit une bonne idée de confier à d’autres le soin de mener l’enquête : on se souvient que le procureur Detlev Melhis, chargé de l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, a dû démissionner, son travail ayant été discrédité par l’utilisation d’un faux témoin visant à accuser Damas. Il a été remplacé par un nouveau magistrat, le belge Serge Brammertz.
Mieux vaut une initiative comme celle de Kouchner et de l’ambassadeur français au Liban Cousseran : ils avaient réussi à réunir tous les protagonistes à Paris.

Propos recueillis par Sarah Halifa-Legrand
(le jeudi 20 septembre 2007)
Par Alexandre H. - Publié dans : Liban
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /2007 20:53

Par Florence Beaugé, Le Monde

Les islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (PJD) sont arrivés en tête des élections législatives du 7 septembre au Maroc, en suffrages, même si le scrutin a été remporté par le vieux parti nationaliste de l'Istiqlal, vainqueur en sièges.

Selon les résultats officiels communiqués par le ministère de l'intérieur, huit jours après le vote, les islamistes ont obtenu 10,9 % des suffrages (503 396 voix), tandis que leurs rivaux de l'Istiqlal en ont obtenu 10,7 % (494 256 voix). En raison, principalement, du découpage électoral et du mode de scrutin à la proportionnelle, l'Istiqlal a cependant enlevé 52 sièges, alors que le PJD n'en a conquis que 46 (sur un total de 325) à la Chambre des représentants. En réalité, les grands vainqueurs de ces élections législatives sont les abstentionnistes. Seuls 37 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes, le 7 septembre, malgré les appels à la mobilisation lancés par le roi Mohammed VI. Pis : 19 % des bulletins ont été blancs ou nuls.

 
C'est dans les grandes villes que les islamistes du PJD arrivent en tête. Ils devancent l'Istiqlal à Casablanca, Tanger, Meknès, Rabat, Salé et Tétouan. En revanche, ils sont distancés ou battus à Agadir et à Marrakech. Reste que, même victorieux dans les grandes agglomérations, le PJD n'a pas accompli de prouesses. Le taux de participation est encore plus bas en ville que dans les zones rurales : à Casablanca, 27 % seulement des électeurs ont déposé leur bulletin dans l'urne le 7 septembre, et 22 % à Tanger. Quant au nombre de bulletins blancs ou nuls, il est encore plus élevé dans ces villes que dans le reste du pays.


LE ROI CONSULTE


L'appel au boycottage lancé par les islamistes de Justice et bienfaisance, la formation du cheikh Yacine (non agréée mais tolérée), ainsi que par une petite formation d'extrême gauche, n'explique pas cette désaffection, estiment les analystes, qui soulignent plutôt le discrédit de la classe politique.

Dans l'ensemble, ces élections se sont tenues "correctement", ont déclaré la plupart des observateurs marocains et internationaux. Le Collectif associatif (plus de 600 associations marocaines) et Transparency Maroc ont cependant vivement dénoncé le rôle de l'argent et l'achat de voix. Une critique que le PJD a émise le jour des résultats, dès sa défaite connue.

Pour l'heure, le roi poursuit ses consultations pour désigner un premier ministre. Il a reçu, ces derniers jours, les chefs des six principaux partis politiques. Le souverain a toute latitude pour choisir qui occupera ce poste. Le successeur de Driss Jettou devrait cependant sortir des rangs de l'Istiqlal, le parti vainqueur. Quant au PJD, il restera probablement dans l'opposition.

Par Alexandre H. - Publié dans : Islamisme, islam politique
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /2007 20:56

par mediarabe.info

La majorité parlementaire libanaise vient de perdre le quatrième de ses députés, et voit ses rangs diminuer à vue d’œil. Elle est consciente que l’objectif de ce terrorisme, qui la vise exclusivement, est de la réduire et de lui enlever la majorité au Parlement, et renverser ainsi le gouvernement.

C’est en tout cas ce que viennent de souligner trois responsables de l’Alliance du 14 mars : Ahmad Fatfat (ministre de la Jeunesse et des Sports), les députés Waël Abou Faour et Samir Frangieh. Le journaliste Georges Al-Alam du quotidien « Assafir », pourtant pro-syrien, approuve cette analyse.

En effet, le système électoral au Liban est parlementaire. Ce sont les députés qui élisent le président de la République. Jusque là, les présidents étaient imposés par la force d’occupation du moment : 1982, l’influence israélo-américaine (consécutive à l’occupation par Tsahal de la moitié du pays) a favorisé les Gemayel (Bachir, assassiné le 14 septembre 1982, puis son frère Amine). En 1989, la Syrie qui venait d’étendre son occupation sur tout le Liban, a fait élire Elias Hraoui. En 2002, un scrutin parlementaire largement boycotté avait débouché sur une Chambre d’enregistrement dont le seul rôle était de valider les ordres de Damas. Le mandat de Hraoui (normalement de six ans) fut prorogé, en violation de la Constitution, de trois années supplémentaires. En 1998, le commandant en chef de l’armée, le général Emile Lahoud, a été désigné par Hafez Al-Assad pour succéder à Hraoui, avec une nouvelle violation de la Constitution.

Jamais deux sans trois : en 2004, la Constitution a encore été bafouée et le mandat de Lahoud a été prorogé d’un « demi-mandat ». Mais depuis, les événements ont modifié le cours de l’histoire. La Syrie a été contrainte à se retirer du Liban, militairement, en 2005, après l’assassinat de Rafic Hariri, crime qui lui est attribué. Les élections de 2005 ont dégagé une majorité hostile à Damas et qui revendique l’indépendance et la souveraineté du Liban. Mais cette majorité ne parvient pas à exercer le pouvoir en raison de la puissance militaire détenue par l’opposition, représentée notamment par le Hezbollah, et à cause du blocage systématique conduit par cette dernière

Aujourd’hui, à la veille des élections présidentielles (25 septembre), l’opposition menace de « tout faire pour empêcher la tenue du scrutin » et pour « empêcher la majorité d’imposer son candidat ». Mais les Prélats maronites réunis aujourd’hui même à Bkerké, siège du Patriarche Sfeïr, ont appelé tous les députés à assurer leur présence au Parlement, la semaine prochaine. Car, « boycotter la session parlementaire, sous quelque motif que ce soit, est une traîtrise pour le pays ».

La réponse fut immédiate. L’élimination d’un nouveau député de la majorité est censé l’affaiblir davantage et, au mieux, renvoyer la session du 25 septembre aux calendes grecques.

Le choix de la cible de cet énième attentat n’est pas dû au hasard. Antoine Ghanem est l’élu de la circonscription de Baabda-Aley, où l’électorat chiite est très imposant (une partie de la Banlieue Sud de Beyrouth en fait partie). Le vote du Hezbollah sera donc déterminant pour toute élection partielle destinée à pourvoir le siège vacant depuis l’assassinat de Ghanem. Son successeur devrait être de l’opposition, pense-t-on à Beyrouth.

Ainsi, peu à peu, le gouvernement perd ses hommes et risque de perdre l’appui de la majorité parlementaire, quand celle-ci n’en sera plus une. Avec un tel scénario, le Liban se retrouvera dans un vide constitutionnel, sans président, sans majorité, avec un rapport des forces largement favorable au Hezbollah et à l’opposition. Ceux-ci tenteront d’imposer une nouvelle équipe au pouvoir qui, à son tour, reviendra sur toutes les décisions prises par le gouvernement actuel, dont notamment les résolutions 1559, 1595 et 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Parmi ses priorités figurera l’annulation de tous les décrets relatifs à la constitution d’un Tribunal international.

Un crime supplémentaire vient ainsi de confirmer, par une simple analyse des faits, des gestes et des déclarations, l’identité des auteurs des crimes passés et à venir, des crimes destinés à en faire oublier d’autres.

Khaled Asmar - Beyrouth

Par Alexandre H. - Publié dans : Liban
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /2007 20:52
AFP

Le nouveau chef de la coalition sunnite alliée aux forces américaines dans la province irakienne d'al-Anbar (ouest) a promis jeudi d'éradiquer dans l'année Al-Qaeda de cette zone, et réaffirmé que l'assassinat de son prédécesseur jeudi dernier serait vengé.

«Tout al-Anbar doit venger l'assassinat de Cheikh (Abdoul Sattar Abou Richa). Vous apprendrez dans l'année par les médias que vous n'entendrez plus jamais parler d'Al-Qaeda», a déclaré Cheikh Ahmed Abou Richa sur la chaîne Al-Arabiya.

Cheikh Ahmed a repris, après le meurtre de son frère Abdoul Sattar Abou Richa, le flambeau à la tête du «Réveil d'al-Anbar», une coalition de 42 tribus sunnites qui s'est alliée avec les forces américaines pour combattre la branche irakienne d'Al-Qaeda dans la province d'Al-Anbar.

Abdoul Sattar a péri jeudi dernier dans un attentat près de son domicile non loin de Ramadi, la capitale provinciale. Ce chef tribal respecté était le principal artisan des revers infligés depuis plusieurs mois à Al-Qaeda dans la région d'al-Anbar et de la nouvelle stratégie d'alliance avec les anciens insurgés sunnites, présentée comme un «succès» par le commandement américain.

Son assassinat a été revendiqué par l'État islamique d'Irak, un groupe lié à Al-Qaeda.

Le lendemain de l'assassinat, les chefs tribaux sunnites de la province avaient déjà juré de «venger» cette mort de leur leader. L'armée américaine a annoncé dimanche l'arrestation d'un suspect lié à ce meurtre.

Sur Al-Arabiya, Cheikh Ahmed a imputé à Al-Qaeda la responsabilité du maintien de la présence américaine en Irak.

«S'il n'y avait pas Al-Qaeda, les forces américaines seraient rentrées chez elles. L'action (d'Al-Qaeda) a prolongé la présence américaine en Irak», a-t-il dit.

La chaîne satellitaire basée à Dubaï n'a diffusé que quelques extraits de cette interview, qui doit être proposé mercredi dans son intégralité.

«Il est devenu évident qu'Al-Qaeda n'a aucune relation avec l'islam. L'islam travaille à forger de bonnes relations entre les gens (tandis qu'ils) font sauter les écoles et tuent des enfants», a dit Cheikh Ahmed.





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Par Alexandre H. - Publié dans : Irak
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