Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 22:02
OTTAWA, 16 septembre (XINHUA) -- L'Occident est en train de  perdre les guerres en Irak et en Afghanistan, du fait qu'il ne  connaît pas le vrai motif des terroristes et utilise donc de  mauvaises stratégies contre eux, a annoncé dimanche un ancien  analyste de l'Agence centrale de renseignements des Etats-Unis ( CIA). 

     Le pourquoi des attentats menés par Oussama ben Laden et ses  partisans contre l'Occident ne réside pas dans des valeurs  différentes ou pas parce qu'ils détestent la liberté, la  démocratie ou l'égalité des sexes, mais est né des politiques des  pays occidentaux au Moyen-Orient, a indiqué Michael Scheuer, un  vétéran de la CIA, lors d'un entretien accordé à une chaîne de  télévision canadienne. 

     Le soutien sans limite des Etats-Unis et de l'Occident à Israël, à des régimes tyranniques au Moyen-Orient, ainsi que la dépendance de la région dans le pétrole sont les réels facteurs derrière les  actes terroristes, a affirmé M. Scheuer. 

     Les pays occidentaux n'ont pas connaissance des vraies causes  du terrorisme, donc "nous sommes en train de lutter contre un  ennemi qui n'existe pas", a déclaré M. Scheuer. 

     Il a averti que les Etats-Unis sont sur le point de perdre la  guerre en Irak. Il a ajouté que des pays occidentaux, tels que le  Canada, sont en train de suivre de mauvaises stratégies en  Afghanistan et pourraient perdre également la guerre dans ce pays. 

     M. Scheuer a souligné que la victoire contre les groupes  terroristes pourra être obtenue, si le Canada, les Etats-Unis,  ainsi que d'autres pays occidentaux changent leurs stratégies. 

     Le livre de M. Scheuer, "Par les yeux de nos ennemis", a été  mentionné par Oussama ben Laden dans une vidéo publiée la semaine  dernière, lorsque le meneur du groupe d'Al-Qaïda a tenté  d'expliquer la cause de l'échec de l'Occident.

Par Alexandre H. - Publié dans : Stratégies internationales
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 15:49
 
(Reuters) - Au moment où le président afghan Hamid Karzaï vient à nouveau de proposer des pourparlers aux taliban, certains se demandent si le moment n'est pas aussi venu d'ouvrir un dialogue avec Al Qaïda.
Six ans après le 11-Septembre, font-ils valoir, Al Qaïda est devenu un pouvoir de fait et l'on neutralise souvent mieux les extrémistes par la négociation que par les armes.
"Aucun terrorisme n'a été vaincu par la guerre ou la violence", a déclaré lors d'un débat à la BBC l'ex-médiateur anglican Terry Waite, lui-même otage au Liban de 1987 à 1991.
"Il y a quelques acteurs rationnels dans les rangs d'Al Qaïda, mais il attire aussi les psychotiques. Il nous faut trouver un point d'accès", a ajouté le Britannique.
Le Norvégien Jan Egeland, qui a favorisé des pourparlers secrets entre Israël et l'OLP dans les années 1990, puis, comme émissaire de l'Onu, traité avec des barons de la drogue et des chefs de guérilla de la Colombie à l'Ouganda, a dit à Reuters:
"Je n'exclus de parler à personne, a priori. Cela dépend des personnes à qui on parle, mais aussi de quoi on leur parle. Si je pouvais avoir des discussions avec Al Qaïda où il serait possible de leur faire sentir qu'ils sont la plus grande force anti-islamique, pourquoi pas?"
Mais Egeland et d'autres insistent sur les obstacles de taille qui s'opposent à des négociations avec le réseau islamiste. Et d'abord celui-ci: à la différence des rebelles marxistes colombiens, de l'Ira nord-irlandaise ou des taliban, Al Qaïda est moins une organisation qu'une idée.
SCISSIONS A VENIR
Son horizon - créer un califat islamique mondial et convertir les Etats-Unis eux-mêmes à l'islam - est un rêve sans bornes qui ne suppose ni compromis ni discussion réaliste.
"Al Qaïda est un mouvement universel dont l'exigence est universelle. Aucun gouvernement seul ne peut y répondre. Ils parlent de tout le monde islamique, de la Tchétchénie au Yémen", dit Mustafa Alani, analyste au Gulf Research Center de Doubaï.
Certains parlent de "terrorisme tactique" et de "terrorisme stratégique" pour distinguer entre les groupes qui poursuivent des objectifs négociables (représentation politique, indépendance) et ceux qui, comme Al Qaïda, font de la lutte perpétuelle une fin en soi.
"Le principe du djihad ne tolère pas les demi-mesures. Vous êtes soit un kafir (infidèle), soit un djihadiste", dit Alani.
La question du dialogue avec des groupes dits terroristes se pose en général quand il ne paraît pas possible de les vaincre (les Etats-Unis face au vietcong, l'Afrique du Sud face à l'ANC de Nelson Mandela), notent des analystes.
"Quand on ne parvient pas à gagner une guerre, on discute avec les terroristes et on cesse de les appeler terroristes", dit Mark Perry, directeur du groupe américain Conflicts Forum, qui étudie les moyens de rapprocher Occident et islam politique.
Si la guerre contre le terrorisme n'aboutit pas à éliminer Al Qaïda, pourrait-on donc en venir à traiter avec le réseau ?
"Je pense que c'est envisageable. Il faudrait faire un calcul sur le rapport entre douleur et satisfaction (...) Combien de victimes pourrons-nous supporter?", répond Perry.
Pour Egeland, le risque de la négociation est de légitimer l'adversaire, porte ouverte à ceux qui seraient tentés d'agir comme lui. Mais le temps peut venir où Al Qaïda deviendra si impopulaire parmi les musulmans que le mouvement se divisera et qu'on retrouvera des canaux de négociation:
"Ce sera le fait de groupes religieux (...) opérant avec des acteurs et des pays plus petits. De petits pays du Moyen-Orient, peut-être radicaux (...) Ce ne sera pas le fait de l'Union européenne ou des Etats-Unis."

Mark Trevelyan
Par Alexandre H. - Publié dans : Jihadisme, terrorisme
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