Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 18:19
Editorial
 
Le Liban va-t-il maintenir le cap face aux forces qui tentent à tout prix de le déstabiliser ? Après l’assassinat cette semaine du député phalangiste Antoine Ghanem, les regards se tournent à nouveau vers la Syrie. Mais comme d’habitude, les enquêteurs se trouveront confrontés à une opacité totale. Cet énième attentat politique intervient à quelques jours de l’élection du président de la République par le Parlement le 25 septembre. Terrible stratégie de ces forces qui rêvent de renverser la majorité… en abattant ses députés un à un.
Le siège présidentiel échoit à un chrétien maronite mais la communauté est divisée. Le général Aoun, leader antisyrien historique qui a retourné sa veste pour pactiser avec le Hezbollah, va-t-il assouvir son rêve de pouvoir ? L’opposition et la majorité vont-elles s’entendre sur un candidat ? Que ce soit par le blocage institutionnel (se retirer du vote pour empêcher le quorum) ou par des méthodes moins avouables, l’opposition pro-syrienne semble bien prête à tout pour empêcher la coalition du 14 mars de conquérir la présidence du Liban et de parachever enfin la souveraineté du pays.
 
Non loin de là, un territoire assiégé, hermétiquement clos, continue sa lente agonie. La bande de Gaza vient d’être classée « entité hostile » par Israël après qu’un tir de roquette a blessé des dizaines de soldats de Tsahal. Alors que les faucons pressent le premier ministre israélien Ehud Olmert de lancer une vaste offensive militaire, celui-ci semble privilégier les sanctions collectives. Soit des représailles indignes contre une population démunie, une pratique prohibée par le droit de la guerre et qui prévoit entre autres de réduire au strict minimum les fournitures en électricité, en eau et en carburant. Le but étant de retourner la population contre le Hamas. Une stratégie vouée à l’échec : les Palestiniens savent pertinemment qui sont les responsables de leur condition. La position israélienne vis à vis de Gaza officialise le démembrement politique de la Palestine, aujourd’hui divisée bien plus que géographiquement. Avec deux pouvoirs à couteaux tirés à Gaza et en Cisjordanie, la Palestine semble tout bonnement privée de leadership ; le fait national palestinien est menacé de négation plus que jamais.
Par Alexandre H. - Publié dans : Analyses
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