L'excision, ablation partielle ou totale des organes génitaux externes féminins, reste très répandue en Egypte malgré le récent sursaut des autorités politiques et religieuses.
Cette pratique ancestrale touche 96,6% des Egyptiennes, musulmanes ou chrétiennes, selon une étude menée par le bureau gouvernemental de la démographie en 2005 sur des femmes de 15 à 49 ans.
L'excision est appliquée par "toutes les couches sociales, dans les zones urbaines comme dans les zones rurales" en Egypte, selon l'Unicef, qui a appelé en septembre à maintenir la pression dans ce
pays contre cette tradition.
Pour tenter d'éradiquer le phénomène, le ministre égyptien de la Santé, Hatem al-Gabali, a interdit fin juin par décret à tout médecin et à tout membre du corps médical, aussi bien dans les
établissements publics que privés, de pratiquer l'excision.
Parallèlement, un projet de loi qui durcira les sanctions contre cette pratique doit être présenté à la rentrée parlementaire en novembre, après le décès de deux adolescentes de 12 et 13 ans cet
été.
Le gouvernement avait déjà interdit il y a plus de 10 ans l'excision, mais une dérogation avait été accordée aux médecins qui pouvaient toujours la pratiquer "en cas de maladie". Cette pratique
s'est depuis poursuivie à très large échelle.
Selon l'Unicef, l'excision est pratiquée dans 75% des cas en Egypte par le personnel médical dans des cliniques et par conséquent de moins en moins par des femmes âgées à domicile.
Le cheikh d'Al-Azhar, Mohammed Sayyed Tantaoui, principale autorité de l'islam sunnite, ainsi que le patriarche de l'Eglise copte Chenouda III ont martelé à plusieurs reprises que l'excision
n'avait aucune base dans les textes religieux musulmans ou chrétiens.
Cette pratique, classée comme mutilation génitale féminine par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est surtout présente dans 28 pays d'Afrique, mais d'autres pays sont concernés comme le
Yémen.
La forme la plus répandue de l'excision est l'ablation du clitoris et des petites lèvres. La plus extrême est l'infibulation, avec ablation du clitoris, des petites et grandes lèvres et suture de
l'orifice vaginal.
D'après l'OMS, les conséquences de l'excision sont immédiates et à long terme: douleur, hémorragie, rétention d'urine, infections, relations sexuelles douloureuses et problèmes pendant
l'accouchement.
Mais les mutilations sexuelles, poursuit l'OMS, peuvent aussi marquer à vie la mémoire de celles qui les ont subies, qui souffrent alors d'angoisse et de dépression.
:
Dans ce blog vous trouverez une sélection d'articles pertinents publiés dans la presse francophone sur l'actualité dans le monde arabe. Chaque semaine dans un éditorial, nous mettons en perspective les faits marquants et leur couverture média..