Israël-Palestine

Jeudi 18 octobre 2007 4 18 10 2007 21:31
Par Michel Bôle-Richard, Le Monde

George Bush a de la constance dans les idées. Le 24 juin 2002, dans un discours resté célèbre, il avait fait part de son désir de voir la naissance d'un Etat palestinien et il avait exprimé le souhait que celui-ci puisse vivre "côte à côte, en paix et en sécurité" avec Israël, estimant qu'il s'agissait là de "la clef pour la paix". Plus de cinq ans plus tard, le 24 septembre, M. Bush a, une nouvelle fois, répété : "Je soutiens formellement la création d'un Etat palestinien et je crois que la vision de deux Etats vivant côte à côte et en paix peut être réalisée." Entre-temps, cette fameuse vision de "deux Etats" est restée un vague rêve. Aucun progrès n'a été enregistré. Au contraire, la situation n'a cessé de se dégrader et la perspective de créer un Etat palestinien "viable et continu", selon la formule idoine, semble s'être éloignée.

Aujourd'hui, ayant enfin réalisé que le conflit israélo-palestinien est l'une des sources principales de tensions dans la région, l'administration Bush a décidé de donner un coup d'accélérateur au processus de paix, en état de léthargie profonde pendant sept ans.

Depuis sa nomination à la tête de la diplomatie américaine en janvier 2005, Condoleezza Rice s'est rendue une bonne douzaine de fois dans la région. Elle effectue depuis le 14 octobre sa septième visite pour 2007 avec l'espoir de faire bouger les lignes. En juillet, M. Bush a décidé de convoquer pour novembre une réunion internationale aux Etats-Unis, afin de relancer les efforts de paix. Après le coup de force du Hamas le 15 juin dans la bande de Gaza et la fin de l'expérience du gouvernement d'union nationale avec le Fatah, il était de nouveau possible de parler avec Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne.

Israël n'a jamais été favorable à la tenue d'une conférence internationale, mais le gouvernement d'Ehoud Olmert pouvait difficilement la refuser. Tout a été fait cependant pour en minimiser l'importance, les autorités israéliennes précisant qu'il ne s'agissait pas d'une conférence de la paix mais seulement d'un point de départ pour fixer le cadre de négociations bilatérales entre Israël et les Palestiniens. Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères, a fait valoir, concernant ce sommet, qu'il fallait lui fixer des objectifs réalisables.

Pour Israël, il s'agit surtout d'une réunion internationale "avec la participation notamment des pays arabes modérés favorables au processus de paix". Ce qui permettrait un rapprochement avec plusieurs pays arabes et notamment l'Arabie saoudite sans toutefois aborder les questions trop sensibles qui risquent de faire capoter cette initiative. L'occasion de faire une belle photo de famille et de montrer de la bonne volonté sans entrer dans le vif du sujet. Ce qui a fait dire à Amr Moussa, président de la Ligue arabe, qu'Israël devait être prêt à "payer le prix de la paix", tandis que le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud Al-Fayçal, a souligné que l'Etat juif devait "prouver son sérieux", demandant que la construction du mur et la poursuite de la colonisation soient interrompues avant la conférence afin d'illustrer cette bonne volonté.

De grandes inconnues planent donc sur cette réunion qui pourrait se tenir à Annapolis, près de Washington, mais dont l'ordre du jour n'a pas été fixé. Des divergences profondes subsistent entre M. Olmert et M. Abbas sur ses finalités. Le premier ministre israélien souhaite l'établissement d'un document commun, insistant sur le fait que cette rencontre internationale doit permettre "d'obtenir le soutien de la communauté internationale en promouvant les forces modérées et les Etats qui soutiennent une solution pacifique avec Israël". M. Abbas trouve, en revanche, qu'il est plus que temps d'aborder les questions cruciales. "Le temps est venu de créer l'Etat palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, vivant en paix et en sécurité aux côtés d'Israël pour qu'il soit mis fin aux souffrances endurées par notre peuple depuis six décennies", a-t-il affirmé.

 

ECRAN DE FUMÉE

 

Le fossé entre ces deux approches va-t-il être comblé avant novembre ? Les réunions entre M. Olmert et M. Abbas n'ont pas rapproché les deux conceptions. Elles n'ont pas non plus abouti à alléger les souffrances du peuple palestinien comme M. Olmert avait promis de le faire lors du sommet de Charm El-Cheikh le 25 juin. "La liberté de mouvement des Palestiniens va être améliorée de façon significative", avait-il déclaré, mais, depuis, aucun checkpoint n'a été levé et de nouveaux ont été installés. Le travailliste Ehoud Barak, ministre de la défense, ne propose de supprimer que 24 checkpoints sur les 572 répertoriés par l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Il exclut un retrait de Tsahal des territoires occupés avant cinq ans, le temps qu'il faudra pour mettre au point un système de protection capable d'intercepter les roquettes qui pourraient être lancées depuis la Cisjordanie comme c'est déjà le cas depuis la bande de Gaza, déclarée "entité hostile" et dont le blocus s'est accentué. Plus de 340 prisonniers ont été libérés au cours des derniers mois, mais combien d'autres ont-ils été arrêtés depuis ?

Les cinq ans évoqués par M. Barak seront suffisants pour achever la construction du mur et laisser croître les colonies - le temps de créer des faits accomplis qui entérinent le grignotage constant et permanent de la Cisjordanie. Sera-t-il encore possible de créer un Etat palestinien digne de ce nom ? La Cisjordanie n'est déjà plus qu'un territoire morcelé dans les interstices duquel se sont glissés plus de 250 000 colons alors que la population palestinienne est contenue dans des poches closes.

Selon l'OCHA, plus d'un tiers de la Cisjordanie est occupé par les colonies, les bases militaires et des "réserves naturelles". Si l'on ajoute ceux installés à Jérusalem-Est, les colons sont au nombre de 450 000 pour environ 2,5 millions de Palestiniens. Le retour aux frontières de 1967 que demandent les Palestiniens, à commencer par Mahmoud Abbas qui souhaite retrouver la superficie exacte des territoires conquis en 1967, n'est-il pas compromis ? Peut-on encore parler d'un Etat palestinien viable et continu, alors que les réalités démontrent qu'il risque prochainement de devenir une fiction, à moins que les Israéliens soient prêts à d'immenses sacrifices. Ce qui semble loin d'être le cas.

La réunion souhaitée par M. Bush apparaît de plus en plus comme un écran de fumée destiné à faire croire que l'on avance vers une solution, alors que sur le terrain aucun indice ne prouve qu'il y a une vraie volonté de donner une chance à la paix. Plus le temps passe, plus la probabilité d'un Etat palestinien s'éloigne.

Par Alexandre H.
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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 10 2007 21:31
Par Patrick Saint-Paul, Le Figaro

S'ils veulent être soignés en Israël, les Gaziotes doivent collaborer avec les forces de sécurité.

 
LES GAZIOTES n'en finissent pas de payer le prix du coup de force du Hamas, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza le 15 juin dernier. Depuis quatre mois, ils sont soumis à un blocus économique, qui a provoqué leur ruine. Un million et demi de Palestiniens sont hermétiquement enfermés dans cette bande sablonneuse longue de 41 kilomètres sur 12 de large, où ils survivent grâce à l'aide internationale. Et depuis qu'Israël a déclaré Gaza « entité hostile », il y a un mois, même les malades dont la survie dépend d'un traitement à l'extérieur n'ont plus le droit de quitter Gaza.
 
Selon l'ONG israélienne PHR (Physicians for Human Rights), le gouvernement israélien a progressivement durci les conditions de délivrance de permis de sortie pour les malades nécessitant des traitements qui ne sont pas disponibles dans la bande de Gaza. Les rares « privilégiés » qui parviennent à obtenir le précieux sésame n'ont pas la garantie de pouvoir sortir pour bénéficier de leurs traitements. Les patients sont retenus au point de passage d'Erez pendant plusieurs heures. Ensuite, ils sont appelés par le « capitaine », le coordinateur du Shin Bet (service de renseignement intérieur) chargé de recruter des agents.
 
Le « capitaine » leur demande des noms de militants armés et des renseignements concernant les diverses milices de la bande de Gaza. Ceux qui refusent de se soumettre aux questions ou de collaborer avec Israël sont refoulés vers la bande de Gaza sous le prétexte qu'ils représentent une « menace à la sécurité » d'Israël. « Prends des jumelles, Israël est encore loin », s'est vu conseiller, après son refus de collaborer, un malade risquant de devenir aveugle s'il ne subit pas une opération de la rétine.
 
Tirs de roquettes quotidiens
 
La collaboration avec Israël est passible de la peine de mort dans les Territoires palestiniens. « Les patients craignent pour leur santé et sont prêts à tout pour quitter Gaza afin de pouvoir suivre un traitement. Mais ils ont peur de coopérer avec Israël », explique le Dr Ran Yaron.
 
PHR s'est saisi du cas de six patients souffrant de cancer, d'une hépatite, ou nécessitant une opération cardiaque urgente, et dont les jours sont comptés. « Un patient en oncologie ou une jeune fille âgée de 16 ans avec une malformation cardiaque congénitale... ce sont des cas urgents, s'indigne Dr Danny Filk, directeur de PHR. La santé de ces patients se dégrade de jour en jour et les semaines de délais peuvent rendre leur condition irréversible. Il s'agit de l'exploitation de personnes très malades. Ces pressions sont contraires à l'éthique médicale et à la morale. »
 
Les services de renseignements israéliens espèrent ainsi combattre les tirs de roquettes, lancées quotidiennement depuis la bande de Gaza vers le sud d'Israël. Abasourdis par ces nouvelles restrictions, les Palestiniens dénoncent, quant à eux, une nouvelle forme de « punition collective ».
 
Par Alexandre H.
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 10 2007 19:22
EDITORIAL

Par Monde-arabe.over-blog


On reparle de l’affaire Al-Dura. Il y a 7 ans, aux premières heures de la deuxième Intifada, un enfant palestinien était fauché par les balles israéliennes, devant la colonie de Netzarim à Gaza. Le petit Mohamed al-Durra, 12 ans, qui expire dans les bras de son père devant la caméra de France 2, n’est pas la dernière jeune victime de la répression implacable du soulèvement palestinien. Mais cette mort-ci bénéficie du hasard d’être fixée sur pellicule. Les images font le tour du monde. L’Intifada en a fait une icône. Très vite, la contre-information israélienne, tant étatique que non-gouvernementale, va mener une offensive médiatique intense pour semer le doute auprès d’une opinion mondiale de plus en plus hostile à Israël. Les tirs viendraient du côté palestinien. Le reportage ne serait qu’une mise en scène. Mohamed serait vivant et bien portant. Expertises orientées et contre-enquêtes non-officielles, relayées par une campagne sur Internet, ne ménagent aucun effort pour disculper Tsahal. Une violente entreprise de calomnie est dirigée contre Charles Enderlin, le correspondant de France 2, à qui une association d’extrême droite juive remet le Prix Goebbels de la désinformation pour sa complicité présumée dans la supercherie. Il s’agit de détruire le mythe Al-Dura pour créer un nouveau concept : Pallywood. Désormais, à chaque bavure israélienne, les accusations, souvent de simples présomptions, sont formulées contre les Palestiniens, qui seraient passés maîtres dans l’art de simuler les tueries de civils.
Argument suprême des partisans de la conspiration : France 2 refuse de montrer les rushes de l’agonie de Mohamed Al-Dura. Preuve selon eux de la complicité de Charles Enderlin alors que ce dernier refusait simplement de montrer ces documents à des militants partie prenante dans l'affaire. Enfin, un tribunal français chargé de rejuger un des calomniateurs de Charles Enderlin, a décidé de visionner les images dans leur intégralité, au grand soulagement du journaliste.
 
Aussi tragique que soit cette mort, le débat est sorti de la question vaine de savoir ce qu’il s’est passé ce jour-là. En admettant même que les tirs soient venus des positions palestiniennes, Mohamed al-Dura serait toujours en vie, si des colons ne s’étaient pas installés sur des terres volées, rendant la vie impossible à leurs légitimes propriétaires. Mais que cherchent donc les partisans de la thèse du complot, récemment rejoints par un porte-parole du gouvernement ? Pourquoi ne mettent-ils pas en œuvre autant d’efforts pour prouver l'innocence de Tsahal dans les centaines de cas d’enfants tués par balles ces dernières années ? En usant d’arguments grotesques, comme le fait d’accuser France 2 et les Palestiniens d’entretenir sciemment le mythe antisémite du sacrifice rituel d’enfants non-juifs, Israël a du mal à cacher cette vérité là : oui, son armée tire sur des civils désarmés qui ne menacent en rien la vie des soldats. Oui, l’armée tire à balles réelles, même sur des enfants. Les soldats le font et ils savent qu’ils ne risquent rien. Cette vérité, documentée et établie par les associations de défense des droits humains, sera rappelée au procès de l’affaire Al-Dura. Les tentatives de diffamation se retourneront finalement contre leurs auteurs.
Par Alexandre H.
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 10 2007 17:29
Par patrick Saint-paul, Le Figaro

Bien qu'il s'oppose officiellement à l'éclosion de nouvelles colonies en Cisjordanie, le gouvernement israélien poursuit discrètement sa politique de faits accomplis. Répondant à une requête des colons, Israël a ainsi décidé de dévier une portion de 8 kilomètres de la route 60, qui dessert à la fois colonies israéliennes et villages palestiniens dans le sud de la Cisjordanie. Le nouveau tracé permettra aux colons juifs d'accéder à la région d'Hébron depuis Jérusalem, en contournant le camp de réfugiés palestiniens d'al-Aroub, ainsi que plusieurs villages palestiniens, qui se retrouveront isolés.
 
Le projet aura pour effet de faciliter l'accès aux colonies proches d'Hébron pérennisant ainsi leur rattachement au bloc de colonies du Goush Etzion. L'accès à la route leur étant devenu inaccessible, les Palestiniens des villages avoisinants devront emprunter une route secondaire. « Cela nous obligera à faire un détour de 15 kilomètres, pour aller à Jérusalem », s'emporte Saïd Madhieh, un enseignant retraité habitant le village de Halhoul.
 
Selon les calculs de l'ONU, la construction de la route entraînera aussi la confiscation de 326 ha de terres agricoles palestiniennes. Le village de Halhoul sera coupé de 1 500 ha de vergers. La route traversera aussi un cimetière musulman adjacent au camp d'al-Aroub, risquant de provoquer des protestations.
Par Alexandre H.
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 10 2007 17:24

Par Nidal al-Mughrabi, Reuters (Gaza)

Cinquante mille hommes armés et des centaines de kamikazes sont prêts à repousser ou entraver une opération militaire israélienne d'envergure dans la bande de Gaza, a affirmé le Hamas qui contrôle le territoire.

Israël menace de mener une offensive à grande échelle pour faire cesser les tirs de roquettes d'activistes palestiniens que l'armée n'a pas réussi à réduire fortement par ses frappes aériennes ou ses opérations commando.

Mais le bilan humain d'une telle attaque sur un territoire aussi densément peuplé que la bande de Gaza serait très lourd, et il explique les hésitations du gouvernement israélien, au regard des pertes limitées dues aux tirs de roquettes.

Une opération d'envergure dans les prochaines semaines compliquerait en outre la conférence de novembre sur le Proche-Orient organisée par les Etats-Unis.

"Il y a beaucoup de choses à prendre en compte avant d'entreprendre une telle opération et le sommet est sans nul doute l'un des éléments que l'on ne peut se permettre d'ignorer", a déclaré le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnai à la radio militaire.

Nizar Rayyan, haut dirigeant du Hamas, a en tout cas prévenu que le mouvement islamiste était prêt à répliquer. Sur un site internet affilié au mouvement, il a affirmé que 50.000 combattants et 400 candidats à des attentats suicide étaient prêts à la riposte.

Deux cents femmes se sont également portées volontaires pour s'attacher des ceintures d'explosifs et affronter ainsi les blindés israéliens, ce qui a surpris le commandement du Hamas, a ajouté Rayyan.

Les services de renseignement israéliens estiment que le Hamas a réuni au moins 20.000 combattants qui savent se servir d'armes légères de toutes sortes.

En partie financé par l'Iran, le Hamas prend le Hezbollah pour modèle. Le mouvement chiite libanais a fait subir d'importants revers à l'armée israélienne lors de leur confrontation armée durant l'été 2006.

 

Par Alexandre H.
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