Par Associated Press
Plus de vingt personnalités de la société civile tunisienne ont constitué vendredi un comité de soutien aux deux dirigeants de l'opposition en grève de la faim depuis 16 jours pour revendiquer le droit à la participation à la vie politique.
La secrétaire générale du parti démocratique progressiste (PDP), Maya Jribi et le directeur de l'organe de cette formation légale «Al Mawqif», Me Néjib Chebbi, ont cessé de se nourrir le 20
septembre pour protester contre la menace d'expulsion de leur parti des locaux qu'il occupe depuis 13 ans.
Le PDP accuse le pouvoir d'être à l'origine de cette affaire qu'il considère comme étant «fondamentalement politique sous couvert judiciaire», alors que les autorités s'en défendent et déplorent
«l'exploitation d'un litige civil immobilier entre proprétaire et locataire à des fins politiques».
Le porte-parole de ce «comité de soutien à Jribi et Chebbi pour le droit aux sièges et aux espaces publics», l'avocat Ayachi Hammami, a déclaré lors d'une conférence de presse que les signataires
s'emploieront à arrêter la procédure d'expulsion du PDP de son siège central, à mettre un terme au blocage des locaux des partis et des associations et à défendre la liberté d'action politique et
associative.
Pour assurer «la plus grande mobilisation possible» autour de ces revendications, les membres du comité auront recours à «tous les moyens pacifiques et légitimes», a-t-il ajouté.
Une soirée poétique et artistique est prévue dans ce cadre samedi au siège du PDP et des manifestations de soutien sont prévues lundi devant les préfectures à l'intérieur du pays à l'initiative
des comités régionaux de soutien.
Parmi les signataires figurent le président de la ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi, le militant des droits humains Khémaïs Chammari, l'avocat dissident
Mohamed Abbou récemment gracié par le président Zine El Abidine Ben Ali, le président du Forum démocratique pour les libertés et le travail (FDLT), Dr Mustapha Ben Jaâfar et le dirigeant du
mouvement islamiste interdit «Ennahdha», Ali Larayedh.